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            Morsbronn les bains : son histoire

Brève histoire de Morsbronn :

L’origine de Morsbronn remonte à la plus haute antiquité. Des tuiles d’époque romaine ont été trouvées dans le cimetière, l’une d’entre-elles est visible à la mairie. Le village, dont on ignore le nom à l’époque, se trouvait sur une voie romaine qui conduisait à Concordia (l’actuelle Altenstadt).

En 995, le village est mentionné pour la première fois. Son nom pourrait être la déformation de Maurus Brunnen (la fontaine Saint Maurice), une source qui se trouvait en haut du village, au pied de l’église.

A l’époque, les hameaux de Forstheim et d’Hégeney, qui ne comptait guère qu’une seule ferme chacun, appartenaient au ban de Morsbronn, tout comme le « Luesbari » (la petite montagne) et Durrenbach. On ne sait pas exactement, faute d’archives, comment Morsbronn est passée aux mains des Lichtenberg, toujours est-il que, le jour des Rameaux de l’année 1300, l’évêque de Strasbourg, Frédéric de Lichtenberg, cède à Jean Ier, son parent, le château de Schoeneck et des dépendances dont Morsbronn fait alors partie. Trente années plus tard, le village est rattaché au bailliage (circonscription administrative) de Woerth.

A la fin du lignage des Lichtenberg, en 1480, l’héritage passe entre les mains de la famille des Deux-Ponts-Bitsche (Zweibrücken-Bitsch) puis des Hanau, désormais appelés Hanau-Lichtenberg. C’est Philippe V qui, en vertu du principe de l’époque « tel prince, telle religion », impose le protestantisme dans toutes ses possessions. En 1571 les habitants de Morsbronn doivent devenir luthériens. Le curé, Nicolas GASS se convertit et assure les premiers cultes.

Six ans plus tard, l’église devenue trop petite, est démolie et reconstruite avec les pierres du sanctuaire du Liebfrauenberg. C’est au cours de la guerre de Trente ans que le village de Morsbronn fait une première apparition tragique dans la « grande histoire ». En 1632, les croates l’incendient ; la famine puis la peste emportent une bonne partie des habitants ainsi que leur pasteur.

Les villageois qui avaient pris l’habitude de se cacher au Kampfbrunnen, près d’une source, au cœur de la forêt de Woerth, sont contraints d’abandonner les lieux pour se réfugier dans les châteaux de Schoeneck et du Windstein. En 1637, une nouvelle épidémie de peste frappe les quelques survivants revenus pour reconstruire leurs maisons. Un dénombrement de mai 1647, un an avant la fin du conflit, note qu’il n’y a plus que 7 familles. Après cette guerre particulièrement cruelle, l’Alsace va passer progressivement aux mains des rois de France dont les Hanau-Lichtenberg vont devenir les vassaux. Louis XIV, qui a imposé le catholicisme dans son royaume, entend faire de même dans ses nouvelles possessions.

Ne pouvant attaquer frontalement –la situation religieuse de l’Alsace est figée par le traité de Munster–, il le fait d’une façon détournée. Il ordonne que dans chaque village protestant où résident sept familles catholiques, l’église doit être partagée. C’est chose faite en 1695 : le curé de Durrenbach et de Hegeney célèbre les premières messes à Morsbronn en alternance avec le culte protestant. Cette situation, désignée sous le nom de simultaneum s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui. La plus grande partie du XVIIIe siècle est une période de prospérité –en 1760, on compte 52 familles (16 catholiques et 36 protestantes) –, mais sa fin est moins favorable.

Durant la Révolution, la région souffre particulièrement de la guerre menée contre l’Autriche et la Prusse. Les troupes impériales pénétrèrent par le nord en Alsace et installent leur commandement à Haguenau, menaçant Strasbourg. Une vive réaction de Hoche, qui remporte la bataille du Geisberg en décembre 1793, écarte la menace.

Ceux des alsaciens qui s’étaient réjouis du départ des révolutionnaires n’ont d’autre alternative que la fuite.

Ainsi, le 13 décembre 1793, Jacques Rohmer, curé réfractaire de Morsbronn, préfère émigrer plutôt que de risquer la prison ou pire, la guillotine. Il ne reviendra qu’en février 1797, bien après la fin de la Terreur.   

Au début du XIX° siècle, environ 80 paysans cultivent le ban de Morsbronn. Il s’agit essentiellement de polyculture associée à l’élevage bovin. Il est à noter également qu’une bergerie existe depuis le moyen âge. Parmi les principales cultures, on relève celles du blé, du maïs, de la pomme de terre, de la betterave fourragère, du houblon, des asperges et de la vigne. Le morsbronner Roter, un vin rouge produit sur les hauteurs, est alors réputé.   

Le second rendez-vous avec l’histoire a lieu le 6 août 1870. Morsbronn est alors le théâtre de l’une des batailles les plus sanglantes du XIX° siècle, la bataille de Frœschwiller. Bien que le centre des combats se situe sur les hauteurs de Woerth, le village est sur l’aile droite du dispositif du Maréchal de Mac Mahon.

Un célèbre tableau du peintre Édouard Detaille, exposé au Musée de Woerth, témoigne de la dureté des combats même au cœur du village. Un monument, sur la route de Mertzwiller, rappelle l’héroïsme des cuirassiers français.   

Durant la période allemande, en 1904, est effectué le premier forage de la source thermale : on cherche du pétrole, on trouve de l’eau.

Un établissement de bain est construit mais il faut toutefois attendre le 19 janvier 1929, après le retour à la France, pour que Morsbronn devienne la station thermale de Morsbronn les Bains. En 1951 l’établissement est acheté par la Caisse d’Assurance maladie avec un objectif principal, développer le thermalisme social, en un mot, de permettre à des personnes modestes, issues principalement des classes laborieuses, d’accéder aux soins thermaux. En 2013, une nouvelle étape est franchie, la société Valvital rachète la source et se propose de développer l’activité thermale en construisant un nouvel établissement.

A droite , la plus ancienne représentation du village date de 1699. Elle a été tracée à la plume sur une carte. Il n’est pas certain qu’elle soit fidèle à la réalité.

Ce rare thaler de Philippe V de Hanau-Lichtenberg, frappé en 1598, représente le seigneur en tenue militaire. C’est lui qui introduisit le protestantisme à Morsbronn.

A droite , le monument des cuirassiers, que l’on peut voir aujourd’hui encore à la sortie du village, rappelle l’héroïsme des soldats qui se sont sacrifiés pour tenter d’éviter le débordement de l’aile droite du dispositif français.

Découverte de la source thermale en 1904. On voit l’eau qui jaillit du forage. Comme on peut le voir, avant la construction de la maison de cure, les installations étaient plutôt sommaires. 

  • Tous nos remerciements à Monsieur Paul Greissler pour le texte et les photos

MORSBRONN-LES-BAINS

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